Grève des 5 et 6 décembre à La Rochelle

Jeudi 5 décembre, la grève a été assez suivie à La Rochelle, notamment par les Cheminots mais aussi par les agents territoriaux, les instits et les profs (facs, collèges, lycées) les dockers, des ouvriers d’Alstom et de Léa Nature…

Vers 14h, les étudiants qui bloquaient la fac de lettres, langues, arts et sciences humaines sont arrivés en cortège avec leurs enseignants en grève et accompagnés de lycéens qui avaient tenté sans succès de bloquer leurs lycées tôt le matin. Une demi-heure plus tard, la manif s’est élancée sur le boulevard Joffre pour rejoindre le boulevard Sautel, passant sous le pont Jean Moulin. Sur celui-ci, une banderole était déployée depuis la veille au soir : « Levons-nous Femmes, jouissons sans entraves ». D’autres banderoles avaient été déployées pendant la nuit, notamment sur les ponts passant sur la rocade. Nous avons pu lire sur l’une d’entre elles : « Exproprions les patrons ».

Environ 7 à 8000 personnes présentes, pas un record (il y avait 10000 voire 12000 personnes contre le CPE en 2006 et contre la précédente réforme des retraites en 2010), mais quand même une très grosse manif pour un début de mouvement. Il faut dire qu’avec des appels à la grève lancés parfois depuis plus de deux mois, on ne pouvait en attendre moins !

Les manifestants ont remonté tout le boulevard Sautel jusqu’à se rendre sur la rocade, la bloquant deux heures environ. Comme d’habitude, les syndicats, mis à part certains de leurs adhérents, ont quitté les lieux assez rapidement ne laissant progressivement sur place que les gens les plus déterminés, notamment les Gilets Jaunes et les libertaires.

Peu nombreux, les policiers rochelais ont dû faire appel aux CRS pour faire dégager les manifestants restés sur la rocade. Les flics ne les ont pas lâchés d’une semelle, les repoussant jusqu’à la gare. Nous avons assisté à quatre interpellations. Ceux-ci ont accepté la comparution immédiate : sur les quatre hommes, un menuisier et un routier tous deux au chômage et deux salariés précaires, ont écopé de 2 à 3 mois de prison avec sursis tandis que le 4e, tabassé par les policiers, a été relaxé.

Vendredi 6 décembre, beaucoup de salariés avaient malheureusement repris le travail, notamment nombre de profs qui ont l’habitude de ne pas faire grève le vendredi afin de ne pas être comptés grévistes tout le week-end (pour ne pas perdre trop de salaire). En fait, à La Rochelle, seuls les Cheminots, les militants syndicaux et des Gilets Jaunes semblaient avoir reconduit la grève, et les étudiants continué de bloquer la FLLASH.

Une manif beaucoup plus modeste vendredi donc. Mais une forte volonté de ne pas s’arrêter là, une forte volonté de discuter entre les grévistes, les gilets jaunes et les différents groupes militants, une forte volonté de maintenir l’unité pour gagner. Après quelques prises de paroles de la CGT, les manifestants se sont élancés vers le Vieux Port puis sont passés près de la mairie. Enfin, passant devant la Maison des Syndicats, des manifestants ont pénétré à l’Intérieur alors que la CGT voulait y déposer son matériel. Certains se sont mis à scander « occupation, occupation ! » et ont profité de l’occasion pour visiter l’énorme immeuble qui accueillait les locaux syndicaux depuis plus de 70 ans et que la mairie vient de vendre aux enchères pour environ 5 millions d’euros.

Une bonne centaine de manifestants se sont alors spontanément installés dans la salle de réunion la plus grande du bâtiment, la salle Amos Barbot, (bon il y a bien l’Oratoire qui jouxte le bâtiment et qui encore bien plus grand, mais une expo à la con y avait lieu).

Débattant pendant plus d’une heure, plusieurs propositions ont été discutées, notamment celle d’occuper le bâtiment pour en faire un QG du mouvement, proposition qui a été approuvée par acclamation. La direction départementale de la CGT a alors pris peur : impossible pour elle de soutenir une occupation par définition illégale. Elle s’est donc opposée vivement à cette proposition, et ce contre l’avis d’une partie de ses militants et responsables locaux. S’en est suivie une engueulade et un départ en masse de Gilets Jaunes et de militants mécontents. Mais certains sont néanmoins restés et ont décidé de lancer l’occupation des lieux !

Voici leur communiqué publié samedi 7 :

Vendredi 6 décembre, à la suite de la manifestation partie de la gare de La Rochelle, les manifestants ont investi la Maison des Syndicats.

Le bâtiment a été vendu par la mairie et les syndicats ont déménagé dans de nouveaux locaux.

Cette maison historique, bourse du travail du mouvement ouvrier depuis environ ¾ de siècle, est le lieu par excellence pour créer la Maison du Peuple que beaucoup d’entre nous (militants, Gilets Jaunes, personnes syndiquées ou non) veulent ouvrir depuis longtemps.

Pour s’organiser face à ce gouvernement au service des riches qui détruit tous les acquis sociaux obtenus dans le sang par la classe ouvrière, venez nous rejoindre. Nous avons maintenant les locaux mais tout reste à faire.

Ce lieu pourra être un espace autogéré d’organisation, de réunion, de coordination, et de rencontre autour d’une bouffe ou d’un café.

En bref vous y êtes bienvenue, venez quand vous voulez. Pourquoi pas tout à l’heure avant ou après la manif d’aujourd’hui ?

Contre le chômage et la précarité :

RDV 14h place de Verdun aujourd’hui samedi, et RDV à la Maison du peuple (entrée par le côté parking, derrière).

P.S. : Vous pouvez nous soutenir en apportant du matériel (matelas, couvertures..) ou de la nourriture…

Soupe populaire à La Rochelle

Mercredi 27 novembre, une soupe populaire a eu lieu à La Rochelle. Organisée à la va-vite en deux jours par un petit collectif constitué de quelques gilets jaunes, de militants anticapitalistes et antifascistes, elle a permis de nourrir une quarantaine de personnes, pour la plupart sans-abris.

Sous l’impulsion de quelques personnes motivées, du glanage a été effectué auprès de plusieurs commerçants et de magasins, parfois directement dans les poubelles. Des dons ont permis d’acheter ce que le glanage n’a pas permis de récupérer comme du sucre, du café et du sel.

L’expérience sera-t-elle réitérée ? « On voudrait bien le refaire dans l’hiver et même pérenniser le truc, pourquoi pas créer une association, une cantine de luttes » nous dit un militant anticapitaliste qui a participé à l’action.

Alors une cantine des luttes à La Rochelle ou simplement un collectif organisant ponctuellement des soupes populaires ? L’avenir nous le dira. En tout cas les organisateurs aimeraient tous réitérer l’opération et, pourquoi pas, disposer d’un local pour s’organiser plutôt que chacun chauffe chaque plat au dernier moment chez lui.

Une affaire à suivre donc.

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Niort : soirée antifa de soutien à Exarcheia

Vendredi 15 novembre, une soirée de soutien au quartier athénien d’Exarcheia avait lieu à Niort.

Organisée par les groupes antifascistes de Niort et La Rochelle, la soirée avait pour but de collecter de l’argent pour l’envoyer au quartier, par l’intermédiaire d’une association (préciser).

Pourquoi un soutien à un quartier d’Athènes ?

Exarcheia n’est pas qu’un simple quartier de la capitale grecque, c’est aussi et surtout un haut lieu de Résistance au capitalisme et à l’Etat. Un quartier anarchiste et communiste auto-organisé autour de la solidarité face à la dépression économique que connaît la Grèce depuis son dépeçage par le FMI et la classe politique à son service. On y trouve plusieurs dizaines de squats, certains étant avant tout des lieux de vie pour les réfugiés, notamment Syriens, d’autres étant des ateliers d’artistes ou des QG d’organisations militantes. Le groupe anarchiste Rouvikonas, par exemple, qui mène des actions contre le pouvoir étatique et capitaliste, y a sa base, le K*Vox.

Accueillie dans les locaux rénovés du Parti Communiste de Niort, la soirée était éminemment politique et Exarcheia n’était pas le seul sujet qui faisait se retrouver là les militants Niortais et Rochelais. Ainsi, l’un d’entre eux, qui anime par ailleurs le Red Social Club (note de bas de page), s’est fendu d’une présentation humoristique de la soirée, sous les traits d’un haut cadre politique de l’Union Européenne. Celui-ci a explicité le lien qui peut être fait entre différentes luttes de par le monde, notamment entre Exarcheia et le Rojava qui sont deux territoires engagés dans une lutte contre l’impérialisme capitaliste. Il a également évoqué la décision récente de la mairie niortaise de doter sa police de LBD (lanceurs de balles de “défense”) dont nous reparlerons très certainement sur larochelle-luttes.info.

Immédiatement après cette (re)présentation théâtrale, le vidéoprojecteur a commencé sa diffusion du film Sur la route d’Exarcheia qui montre l’arrivée dans le quartier d’un convoi international de solidarité apportant à Exarcheia du matériel médical, des jouets pour les enfants de réfugiés, et de la nourriture.

Outre le film, la musique et les discussions, bière, vin de pissenlit, jus de fruit, houmous, tatsiki et harira, le tout à prix libre, étaient au menu de la soirée. “La décision de pratiquer le prix libre a suscité le débat” nous explique un des militants. “Nous étions quasiment unanimement pour le prix libre, mais certains d’entre nous avaient peur que les gens ne mettent pas assez d’argent dans les caisses. Finalement, l’argument de faire confiance aux gens l’a emporté”.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les organisateurs n’ont pas été déçus : la soirée a permis de réaliser un bénéfice de 300 euros qui seront envoyés au collectif Anepos, à l’initiative de films militants sur le mouvement social grec (notamment anarchiste) et des convois solidaires.

Assurer un minimum de sécurité

Dans ce genre de soirée, les militants antifascistes envisagent toujours la possibilité d’une incursion ou au moins d’une provocation de la part des quelques néonazis de la région. D’après une militante niortaise “nous avons reçu un message par le biais de la page du syndicat Sud Solidaire 79 nous disant “on passera vous faire un coucou les fragiles”.  Mais les militants qui se sont relayés à la sécurité de la soirée n’ont pas vu l’ombre d’un fasciste tandis que la cinquantaine de personnes présentes à la soirée ne nous ont pas du tout fait l’impression d’être fragiles, bien au contraire.

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Sur la situation grecque et en particulier d’Exarcheia, le blog de Yannis Youlountas est une très bonne source d’infos de première main :
http://blogyy.net/2019/11/11/grece-une-chape-de-plomb-tombe-sur-le-mouvement-social/?fbclid=IwAR0vLML4C94lijsz68VAULFkO1ZQ2TFj9muhxiKKcfefLJjapIc4umzajTc