Manif pourrie à La Rochelle

Jeudi 6 février, une manif chiante de plus devait avoir lieu à La Rochelle.

Finalement, elle n’aura pas été si ennuyeuse que ça puisqu’elle a sans doute été la pire depuis des années : des slogans “Macron on t’encule”, “Brigitte on t’encule” à la collaboration avec la police pour dégager les antifas et autres anars de la manif (des SDF d’après Sud Ouest), les dockers se sont bien lâchés et ont ainsi montré toute l’étendue de leur réflexion politique.

La semaine précédente, certains cadres de la CGT évoquaient l’éventuel besoin d’un service d’ordre pour être sûr de garder la tête de manif et faire en sorte qu’il ne se passe rien d’autre qu’une marche inutile. C’est désormais chose faite : les dockers sont de fait le SO de la CGT.

Un SO tenant des propos homophobes et virilistes, un SO alcoolisé, un SO jetant pétards et bouteilles sur les passants plutôt que sur les flics et les banques, un SO préférant dégager les antifas plutôt que les drapeaux nationaux, en bref un magnifique SO !

En fin de matinée avait pourtant eu lieu une Assemblée Générale interprofessionnelle à la fac de Sciences Humaines de La Rochelle, sous la surveillance de vigiles mobilisés pour l’occasion par la présidence de l’Université. Celle-ci avait rassemblée entre 90 et 100 personnes, dont bon nombre de représentants syndicaux, et qui semblaient tous d’accord pour mener autre chose que de stériles pérégrinations à travers la ville. Apparemment des vœux pieux.

La prochaine AG interpro aura lieu au même endroit jeudi 13 février, a priori à 12h45 (l’heure pouvant encore changer selon l’horaire de la manifestation).

MAISON DES PEUPLES – Communiqué

Depuis deux semaines, nous avons ouvert la Maison des Peuples au 33 quai Maubec.

Le but de ce lieu est de se réapproprier un espace de liberté, de résistance et de lutte contre le capitalisme qui détruit la planète et nous asservit.

Ces derniers jours, la Maison des Peuples a accueilli différents groupes militants, notamment écologistes et antifascistes, ainsi que des Gilets Jaunes. Une AG ouverte à toutes et à tous a déjà eu lieu mardi dernier. Cette AG, qui se veut un moment de convergence et d’organisation des luttes, aura désormais lieu chaque semaine.

Notez aussi que la MDP dispose déjà d’une zone de gratuité (avec nourriture et vêtements) où vous pouvez vous servir ou donner.

Agenda :

  • Chaque samedi à 17h : AG de convergence des luttes
  • Vendredi 24 janvier : grande manif à l’appel de l’intersyndicale
  • Dimanche 26 janvier : projection/débat

La Maison des Peuples sera ce que l’on en fera, rejoignez-nous !

Nos besoins matériels :

Chaises, meubles, palettes, bois, radiateurs électriques, outils

La Rochelle : une cérémonie entre gens de la haute qui tourne court.

Jeudi 16 janvier, à 17h avait de nouveau lieu un rassemblement à la gare, contre la réforme des retraites. Une demi-heure plus tard, le gros millier de manifestants, qui rassemblait Gilets jaunes, syndicalistes salariés et étudiants, ainsi que des lycéens, s’élançait en chantant pour filer directement à l’espace Encan où devait avoir lieu la cérémonie des vœux de l’agglomération rochelaise.

Le patron-maire-président d’agglo Fountaine devait inaugurer les p’tits fours devant un parterre d’élus et de patrons.

Arrivés devant des portes closes (avec deux flics en civil derrière qui filmaient), les manifestants ont vaguement essayé de les ouvrir mais sans succès. Mais certains d’entre eux ont découvert une porte dérobée et la manif a enfin pu s’engouffrer dans le bâtiment.

Les manifestants ont alors littéralement pillé le buffet et le pinard, chantant à tue-tête des slogans tels que le fameux « on est là on est là » giletjaunesque ou « on ira jusqu’au retrait » (d’autres ajoutant « ..et même au-delà »). On a même pu entendre des « aaha.. anticapitalistes ..aaha » et « à bas l’Etat, les flics et les bourgeois ». Une ambiance de fête bien éloignée de la cérémonie prévue et qui fut annulée. Il y avait comme un petit air de gueux envahissant le Palais des Tuileries, un petit air de guerre des classes en somme.

Quant aux deux flics de la BAC restés sur les dents après l’irruption des manifestants qu’ils avaient cru un moment pouvoir empêcher, ils ont terminé la soirée en poursuivant de jeunes militants soupçonnés d’avoir embarqué quelques bouteilles (les rares qui n’avaient pas été consommées sur place). L’un d’entre eux, interpellé en possession d’une bouteille, n’a heureusement écopé que d’un rappel à la loi.

La Rochelle : Ouverture d’une nouvelle Maison du Peuple

Depuis le 30 décembre, un groupe de militants rochelais a lancé l’occupation d’un lieu afin d’y ouvrir une nouvelle Maison du Peuple suite à l’expulsion de la précédente par la police et la mairie.

Ouvert au public depuis seulement quelques jours, ce bâtiment a été réquisitionné afin de servir à la fois de lieu d’habitation pour des gens en lutte qui n’avaient pas de logement fixe et de centre névralgique des luttes sociales à La Rochelle.

Plusieurs fois racheté puis revendu à des spéculateurs immobiliers, le bâtiment, situé au 33 quai Maubec, est désormais la propriété d’un promoteur qui n’en a nul besoin pour se loger. Il s’agit là d’une forme de propagande par le fait : loger les gens à la rue, c’est possible !

Malgré la destruction frénétique des vieux bâtiments et vieilles maisons pour construire des immeubles d’appartements, il existe encore au moins des centaines de logements vides dans cette ville tandis que des gens dorment dans la rue. C’est donc bien d’une réquisition populaire qu’il s’agit, d’une guerre déclarée par la classe des opprimés à la classe des spéculateurs. Et puisque ce n’est certainement pas la mairie et son patron-PDG qui vont remettre en cause la propriété privée, c’est aux habitants de le faire eux-mêmes.

Les habitants du 33 quai Maubec ont passé les premiers jours à organiser leur vie en commun et à se doter de tout le nécessaire pour vivre sur place et pouvoir accueillir toutes les personnes voulant s’y rendre. Voulant éviter l’expulsion manu militari, ils ont donc attendu le passage d’un huissier (officialisant l’occupation et démarrant une procédure judiciaire) pour s’ouvrir au public. Ce qui fut fait dès que la banderole fut posée sur le balcon donnant sur le quai.

Une expulsion sauvage par les autorités est donc désormais quasiment impossible puisque celle-ci serait illégale et médiatisée. La seule crainte des occupants sur ce point provient plutôt de l’agressivité des propriétaires du bâtiment qui se sont montrés menaçants au moins verbalement et ont sous-entendu qu’ils n’excluaient pas de payer des gros bras pour expulser illégalement les nouveaux habitants.

Voici le premier communiqué de la Maison du Peuple de La Rochelle :

Depuis le 30 décembre, nous habitants de La Rochelle, avons investi un nouveau lieu pour y créer une Maison du Peuple.

Expulsés de l’ancienne Bourse du Travail dont nous avions lancé l’occupation le 6 décembre, nous avons décidé de reprendre un lieu immédiatement.

C’est donc le 33 quai Maubec qui s’est ouvert à nous, un grand bâtiment du centre-ville racheté par un promoteur. Ainsi, non seulement nous montrons notre volonté de nous organiser de manière autonome face au macronisme et au capitalisme, mais nous montrons aussi dans les faits que nous ne laisserons pas la bourgeoisie nous expulser de nos centre-villes à coups d’augmentations de loyers et de gentrification.

Alors si vous voulez vous aussi vous organiser face à cette politique de classe au service des riches et des banques qui détruit le peu que nos anciens ont conquis, venez nous rejoindre. Nous avons, de nouveau repris les locaux dont notre classe a besoin pour organiser la lutte. Ce lieu est organisé sur les principes de l’autogestion et de la solidarité entre les gens qui luttent pour l’abolition du capitalisme et des rapports marchands.

Vous y êtes bienvenu-e-s, venez quand vous voulez à la Maison du Peuple, au 33 quai Maubec.

Vous pouvez également nous joindre sur mdplr@riseup.net et au 06 41 54 58 76

Une Assemblée Générale ouverte aux non-habitants aura lieu le mardi 14 à 18h.

Une manif d’ampleur mais chiante

Mardi 17 décembre, 12e jour du mouvement contre la réforme des retraites (et aussi contre Macron et son monde capitaliste, son monde de vente des conquêtes sociales aux copains businessmen).

Les fêtes de Noël et ce genre de conneries mettant du baume aux cœurs approchant, ça plus la pluie, on pouvait s’attendre à être moins nombreux que le 5. Et effectivement c’est ce qui est arrivé, mais heureusement nous n’étions pas non plus un nombre ridicule. Au moins 5000 à La Rochelle, soit pas beaucoup moins que le 5.

Oui nous étions nombreux à cette manif malgré une légère baisse, et ce alors que la puissante CFDT et ses 15 militants étaient de la partie.

Non, les considérations de nombre, lorsque c’est à peu de choses près, nous n’en avons cure. Par contre que c’était mou ! Les cortèges ont défilé en bon ordre, ont été peu bruyants et n’ont pas dévié d’un yota du parcours déclaré et balisé par les flics. Zéro blocage, zéro action.

On ne peut donc qu’approuver le point de vue de Paco, prof d’éco et de droit interviewé par Mediapart dans la manif :

J’en ai marre des manifestations saucisses merguez » Devant plusieurs syndicalistes, il répète : « On va chez les riches, portez vos couilles. » Une syndicaliste lui répond qu’elle n’est pas responsable du parcours. Plus tard, il précise : « Arrêtons de chanter la révolution. On la fait. On est plusieurs millions et à la moindre petite grenade, on part. J’en ai marre des manifestations saucisses merguez. Le flic arrive, nous fout une grenade dans les jambes. Ils en ont plus rien à foutre de nous. C’est la milice, pas la police. Dès qu’il y a un pétard, il n’y a plus rien. Il faut que les syndicats réfléchissent au parcours. Ici dès que c’est nassage, gazage, sommation, tout le monde part. Moi, je veux aller manifester dans les beaux quartiers. Qu’on aille chez les riches. Qu’on pose un vrai problème économique. Que les boutiques de luxe ferment et que les hôtels de luxe aient peur. Là, on gêne qui ? Les syndicats doivent arrêter de nous emmener dans des guet-apens. »

Alors que font les syndicalistes les plus énervés ? Où est la frange anarchosyndicaliste de la CGT ? Pourquoi les étudiants ne cherchent  pas à partir en manif sauvage ? Autant de questions sans réponses, mais que nous chercherons dans les jours qui viennent…

Ailleurs en France des initiatives de grévistes sont pourtant prises et vont dans le bon sens : à Bordeaux par exemple la CGT Energie a coupé le courant à 3 sièges sociaux de banques et à CDiscount (qui est malheureusement équipé d’un système électrique de secours qui a pu prendre le relais presque aussitôt). Leur communiqué sur le sujet :
https://fr-fr.facebook.com/cgte33/posts/2640077716226162?__xts__%5B0%5D=68.ARApy-TdUrk427NTCclSeakfJouTdvCKZdPS6H1CSxAkqbYUd6uyatkbHJReq6UIwhP-LrsVzx73Rl2H1IyGNDS5TfF6LQs6eKqadGAkQl-vpOQGnpmmNpLfbs3YKBEPHyI6pQ9D2G0cN5SVRCnLAW_vBww1cgOaD5EP08Q0RnXnDL1dvw9tAx88cCYl0GC6YhVuzH8MX7RqsuOS2zUPsdAXV1LGFnguJ6v1RFqIpjBZHwApkWQAKMENqtlMiy-weyySkin2U95ULd1O3lIChiOwbm5IZ44vZlYQcSLVcxsxkerG9J8HXEYm-pDAaMYxlP9kFyhE4WCCrUJ0o-gIuxovKISx&__tn__=K-R

Et à Nantes en pleine manifestation, vers 13 h, un groupe de personnes en tenues de travail portant pour certains des chasubles de la CGT sont entrées sur le site EDF des Tanneurs au cœur de Nantes. Une coupure volontaire de courant : l’alimentation d’un poste source a été interrompue. 5000 personnes privées de courant dans le centre-ville, notamment tout le secteur autour de la préfecture ! L’initiative a réjoui de très nombreux manifestants.

C’est exactement le genre d’initiatives qu’il nous manque à La Rochelle. La veille de la manif, Sud-Santé est par exemple allé faire chier le Conseil Municipal en pleine cession pour interpeller les politiciens sur la situation gravissime de l’hôpital de La Rochelle. Mais ils n’en ont eu cure et le cours normal de leur normalité bourgeoise a pu reprendre son cours.

L’objectif d’un mouvement social, s’il doit devenir révolutionnaire, est justement de RENDRE IMPOSSIBLE LE RETOUR A LA NORMALE.

C’est pourquoi nous devons multiplier ce genre d’initiatives (que ce soit celle de Sud-Santé ou celle des gens qui ont investi la Maison des Syndicats avant d’en être expulsés) et les inscrire non pas dans la routine mais dans la durée. Que chaque semaine il se passe quelque chose, que chaque jour il y ait une initiative contre ce monde, ses politiciens, ses patrons, ses petits chefs. Et qu’à chaque étape nous comprenions que nous pouvons nous organiser sans eux, sans le Capital et ses marchandises, sans l’Etat et ses gestionnaires.

Gouvernement, patrons, syndicats mous, débordons-les !

Expulsion de la Maison du Peuple pendant la manif

Mardi 10 Décembre avait lieu une nouvelle manif nationale contre la réforme des retraites (et contre celle de l’assurance-chômage et plus généralement contre Macron et son monde capitaliste).

A La Rochelle, plusieurs milliers de personnes étaient présentes, sans doute moins que jeudi, mais on n’était certainement pas très loin des 5000 manifestants. Partie de Verdun vers 14h30, la manif est passée devant la Maison du Peuple puis s’est rendue vers Lagord où les flics étaient massivement postés aux accès qui auraient permis de bloquer la rocade une fois encore.

C’est pendant que les gens défilaient que la mairie a décidé de frapper : le directeur de cabinet du maire, accompagné de policiers municipaux, a pénétré dans la Maison du peuple qui n’était alors pas barricadée, les habitants croyant naïvement que l’attaque n’interviendrait qu’une fois le reste de matériel de la CGT évacué.

Les quelques personnes restées sur place pendant la manif ont été sommées de quitter les lieux, mais on leur a quand même laissé évacuer quelques affaires.

Plusieurs manifestants, mis au courant par téléphone de l’attaque par leurs camarades restés sur place, ont alors tenté de convaincre la manif, bloquée devant les flics, de revenir en centre-ville pour défendre la Maison du Peuple. Lentement, trop lentement, les manifestants ont reflué vers la place de Verdun et une partie d’entre eux est venue se joindre aux personnes expulsées qui protestaient dehors.

Les quelques centaines de personnes arrivées en soutien, échaudées par une présence policière entre-temps renforcée, ont alors manqué d’audace et n’ont pas vraiment essayé de reprendre immédiatement possession des lieux que des agents de la mairie étaient en train de barricader. Ils ont bien tenté de rentrer par les fenêtres de la salle où des syndicalistes de Sud Solidaires tenaient une réunion (mais pourquoi n’étaient-ils pas en manif ceux-là ?) mais les flics les attendaient à la sortie de la salle pour les obliger à ressortir immédiatement.

La Maison du Peuple de La Rochelle n’aura donc tenu que 6 jours. Espérons qu’une nouvelle émerge bientôt !

Grève des 5 et 6 décembre à La Rochelle

Jeudi 5 décembre, la grève a été assez suivie à La Rochelle, notamment par les Cheminots mais aussi par les agents territoriaux, les instits et les profs (facs, collèges, lycées) les dockers, des ouvriers d’Alstom et de Léa Nature…

Vers 14h, les étudiants qui bloquaient la fac de lettres, langues, arts et sciences humaines sont arrivés en cortège avec leurs enseignants en grève et accompagnés de lycéens qui avaient tenté sans succès de bloquer leurs lycées tôt le matin. Une demi-heure plus tard, la manif s’est élancée sur le boulevard Joffre pour rejoindre le boulevard Sautel, passant sous le pont Jean Moulin. Sur celui-ci, une banderole était déployée depuis la veille au soir : « Levons-nous Femmes, jouissons sans entraves ». D’autres banderoles avaient été déployées pendant la nuit, notamment sur les ponts passant sur la rocade. Nous avons pu lire sur l’une d’entre elles : « Exproprions les patrons ».

Environ 7 à 8000 personnes présentes, pas un record (il y avait 10000 voire 12000 personnes contre le CPE en 2006 et contre la précédente réforme des retraites en 2010), mais quand même une très grosse manif pour un début de mouvement. Il faut dire qu’avec des appels à la grève lancés parfois depuis plus de deux mois, on ne pouvait en attendre moins !

Les manifestants ont remonté tout le boulevard Sautel jusqu’à se rendre sur la rocade, la bloquant deux heures environ. Comme d’habitude, les syndicats, mis à part certains de leurs adhérents, ont quitté les lieux assez rapidement ne laissant progressivement sur place que les gens les plus déterminés, notamment les Gilets Jaunes et les libertaires.

Peu nombreux, les policiers rochelais ont dû faire appel aux CRS pour faire dégager les manifestants restés sur la rocade. Les flics ne les ont pas lâchés d’une semelle, les repoussant jusqu’à la gare. Nous avons assisté à quatre interpellations. Ceux-ci ont accepté la comparution immédiate : sur les quatre hommes, un menuisier et un routier tous deux au chômage et deux salariés précaires, ont écopé de 2 à 3 mois de prison avec sursis tandis que le 4e, tabassé par les policiers, a été relaxé.

Vendredi 6 décembre, beaucoup de salariés avaient malheureusement repris le travail, notamment nombre de profs qui ont l’habitude de ne pas faire grève le vendredi afin de ne pas être comptés grévistes tout le week-end (pour ne pas perdre trop de salaire). En fait, à La Rochelle, seuls les Cheminots, les militants syndicaux et des Gilets Jaunes semblaient avoir reconduit la grève, et les étudiants continué de bloquer la FLLASH.

Une manif beaucoup plus modeste vendredi donc. Mais une forte volonté de ne pas s’arrêter là, une forte volonté de discuter entre les grévistes, les gilets jaunes et les différents groupes militants, une forte volonté de maintenir l’unité pour gagner. Après quelques prises de paroles de la CGT, les manifestants se sont élancés vers le Vieux Port puis sont passés près de la mairie. Enfin, passant devant la Maison des Syndicats, des manifestants ont pénétré à l’Intérieur alors que la CGT voulait y déposer son matériel. Certains se sont mis à scander « occupation, occupation ! » et ont profité de l’occasion pour visiter l’énorme immeuble qui accueillait les locaux syndicaux depuis plus de 70 ans et que la mairie vient de vendre aux enchères pour environ 5 millions d’euros.

Une bonne centaine de manifestants se sont alors spontanément installés dans la salle de réunion la plus grande du bâtiment, la salle Amos Barbot, (bon il y a bien l’Oratoire qui jouxte le bâtiment et qui encore bien plus grand, mais une expo à la con y avait lieu).

Débattant pendant plus d’une heure, plusieurs propositions ont été discutées, notamment celle d’occuper le bâtiment pour en faire un QG du mouvement, proposition qui a été approuvée par acclamation. La direction départementale de la CGT a alors pris peur : impossible pour elle de soutenir une occupation par définition illégale. Elle s’est donc opposée vivement à cette proposition, et ce contre l’avis d’une partie de ses militants et responsables locaux. S’en est suivie une engueulade et un départ en masse de Gilets Jaunes et de militants mécontents. Mais certains sont néanmoins restés et ont décidé de lancer l’occupation des lieux !

Voici leur communiqué publié samedi 7 :

Vendredi 6 décembre, à la suite de la manifestation partie de la gare de La Rochelle, les manifestants ont investi la Maison des Syndicats.

Le bâtiment a été vendu par la mairie et les syndicats ont déménagé dans de nouveaux locaux.

Cette maison historique, bourse du travail du mouvement ouvrier depuis environ ¾ de siècle, est le lieu par excellence pour créer la Maison du Peuple que beaucoup d’entre nous (militants, Gilets Jaunes, personnes syndiquées ou non) veulent ouvrir depuis longtemps.

Pour s’organiser face à ce gouvernement au service des riches qui détruit tous les acquis sociaux obtenus dans le sang par la classe ouvrière, venez nous rejoindre. Nous avons maintenant les locaux mais tout reste à faire.

Ce lieu pourra être un espace autogéré d’organisation, de réunion, de coordination, et de rencontre autour d’une bouffe ou d’un café.

En bref vous y êtes bienvenue, venez quand vous voulez. Pourquoi pas tout à l’heure avant ou après la manif d’aujourd’hui ?

Contre le chômage et la précarité :

RDV 14h place de Verdun aujourd’hui samedi, et RDV à la Maison du peuple (entrée par le côté parking, derrière).

P.S. : Vous pouvez nous soutenir en apportant du matériel (matelas, couvertures..) ou de la nourriture…

Soupe populaire à La Rochelle

Mercredi 27 novembre, une soupe populaire a eu lieu à La Rochelle. Organisée à la va-vite en deux jours par un petit collectif constitué de quelques gilets jaunes, de militants anticapitalistes et antifascistes, elle a permis de nourrir une quarantaine de personnes, pour la plupart sans-abris.

Sous l’impulsion de quelques personnes motivées, du glanage a été effectué auprès de plusieurs commerçants et de magasins, parfois directement dans les poubelles. Des dons ont permis d’acheter ce que le glanage n’a pas permis de récupérer comme du sucre, du café et du sel.

L’expérience sera-t-elle réitérée ? « On voudrait bien le refaire dans l’hiver et même pérenniser le truc, pourquoi pas créer une association, une cantine de luttes » nous dit un militant anticapitaliste qui a participé à l’action.

Alors une cantine des luttes à La Rochelle ou simplement un collectif organisant ponctuellement des soupes populaires ? L’avenir nous le dira. En tout cas les organisateurs aimeraient tous réitérer l’opération et, pourquoi pas, disposer d’un local pour s’organiser plutôt que chacun chauffe chaque plat au dernier moment chez lui.

Une affaire à suivre donc.

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Niort : soirée antifa de soutien à Exarcheia

Vendredi 15 novembre, une soirée de soutien au quartier athénien d’Exarcheia avait lieu à Niort.

Organisée par les groupes antifascistes de Niort et La Rochelle, la soirée avait pour but de collecter de l’argent pour l’envoyer au quartier, par l’intermédiaire d’une association (préciser).

Pourquoi un soutien à un quartier d’Athènes ?

Exarcheia n’est pas qu’un simple quartier de la capitale grecque, c’est aussi et surtout un haut lieu de Résistance au capitalisme et à l’Etat. Un quartier anarchiste et communiste auto-organisé autour de la solidarité face à la dépression économique que connaît la Grèce depuis son dépeçage par le FMI et la classe politique à son service. On y trouve plusieurs dizaines de squats, certains étant avant tout des lieux de vie pour les réfugiés, notamment Syriens, d’autres étant des ateliers d’artistes ou des QG d’organisations militantes. Le groupe anarchiste Rouvikonas, par exemple, qui mène des actions contre le pouvoir étatique et capitaliste, y a sa base, le K*Vox.

Accueillie dans les locaux rénovés du Parti Communiste de Niort, la soirée était éminemment politique et Exarcheia n’était pas le seul sujet qui faisait se retrouver là les militants Niortais et Rochelais. Ainsi, l’un d’entre eux, qui anime par ailleurs le Red Social Club (note de bas de page), s’est fendu d’une présentation humoristique de la soirée, sous les traits d’un haut cadre politique de l’Union Européenne. Celui-ci a explicité le lien qui peut être fait entre différentes luttes de par le monde, notamment entre Exarcheia et le Rojava qui sont deux territoires engagés dans une lutte contre l’impérialisme capitaliste. Il a également évoqué la décision récente de la mairie niortaise de doter sa police de LBD (lanceurs de balles de “défense”) dont nous reparlerons très certainement sur larochelle-luttes.info.

Immédiatement après cette (re)présentation théâtrale, le vidéoprojecteur a commencé sa diffusion du film Sur la route d’Exarcheia qui montre l’arrivée dans le quartier d’un convoi international de solidarité apportant à Exarcheia du matériel médical, des jouets pour les enfants de réfugiés, et de la nourriture.

Outre le film, la musique et les discussions, bière, vin de pissenlit, jus de fruit, houmous, tatsiki et harira, le tout à prix libre, étaient au menu de la soirée. “La décision de pratiquer le prix libre a suscité le débat” nous explique un des militants. “Nous étions quasiment unanimement pour le prix libre, mais certains d’entre nous avaient peur que les gens ne mettent pas assez d’argent dans les caisses. Finalement, l’argument de faire confiance aux gens l’a emporté”.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les organisateurs n’ont pas été déçus : la soirée a permis de réaliser un bénéfice de 300 euros qui seront envoyés au collectif Anepos, à l’initiative de films militants sur le mouvement social grec (notamment anarchiste) et des convois solidaires.

Assurer un minimum de sécurité

Dans ce genre de soirée, les militants antifascistes envisagent toujours la possibilité d’une incursion ou au moins d’une provocation de la part des quelques néonazis de la région. D’après une militante niortaise “nous avons reçu un message par le biais de la page du syndicat Sud Solidaire 79 nous disant “on passera vous faire un coucou les fragiles”.  Mais les militants qui se sont relayés à la sécurité de la soirée n’ont pas vu l’ombre d’un fasciste tandis que la cinquantaine de personnes présentes à la soirée ne nous ont pas du tout fait l’impression d’être fragiles, bien au contraire.

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Sur la situation grecque et en particulier d’Exarcheia, le blog de Yannis Youlountas est une très bonne source d’infos de première main :
http://blogyy.net/2019/11/11/grece-une-chape-de-plomb-tombe-sur-le-mouvement-social/?fbclid=IwAR0vLML4C94lijsz68VAULFkO1ZQ2TFj9muhxiKKcfefLJjapIc4umzajTc