Confinement

La France a peur, tous les soirs à 20 heures. La police nous parle au JT, entre deux images de masques, de malades, de flics, de sirènes de pompiers, d’avions militaires.

Témoignage : “Mardi soir, lors d’une sortie nocturne, une voiture de police est venue se garer en travers de la nôtre. Un policier cagoulé est sorti du véhicule pour se présenter à notre fenêtre, nous demandant ce que nous faisions là, d’où nous venions et où nous allions. Après lui avoir signifié que nous rentrions chez nous et lui avoir sorti une attestation que nous avions rédigée sur papier libre, celui-ci s’est détendu, nous a laissé partir en nous annonçant que les contrôles seraient multipliés dès le lendemain et que les amendes deviendraient courantes”.

Une scène assez flippante. Ce n’est pas le virus qui nous fait peur, mais bien la gestion policière de la situation. Dire que le climat social actuel est anxiogène serait un euphémisme. Que cette grosse grippe Covid-19 nécessite ou non un confinement ou d’autres mesures de sécurité n’est pas la question. Il est simplement regrettable que, comme d’habitude, les gens ne gèrent pas eux-mêmes la situation mais se reposent sur un Etat qui saisit là la meilleure occasion possible de démontrer qu’il est indispensable, de prouver que sans lui et son autorité, nous serions démunis et notre survie ne pourrait être assurée.

La stratégie du choc1 a encore de beaux jours devant elle. Sans tomber dans la paranoïa, il est évident que cette “crise” est une source énorme de légitimation de l’autorité étatique et surtout une occasion en or de tester des stratégies de gestion des populations.

La situation permet ainsi aux Etats et notamment à l’Etat français d’assigner des millions de gens à résidence, d’interdire les manifestations et autres rassemblements, de contrôler à tout va et quasi systématiquement n’importe quelle personne mettant le nez dehors. Une situation de police généralisée tout à fait acceptée (pour le moment) par la population et qui permet aux autorités de tester ce dispositif sécuritaire extrême. Dispositif qui pourra éventuellement être remis en place à l’avenir mais pour d’autres raisons qu’un virus. Et d’ailleurs si le confinement actuel dure suffisamment longtemps, le gouvernement pourra tout à fait revenir “à la normale” progressivement tout en gardant permanentes certaines des dispositions actuelles.

Une branche plus radicalement fasciste de la mafia capitaliste au pouvoir aura tout le loisir de profiter d’une nouvelle “crise” pour utiliser un tel dispositif sécuritaire. LREM est déjà si débridée qu’il va bien falloir que le RN se radicalise un peu plus lui aussi, histoire de se démarquer. Inexorablement les pièces du puzzle se (re)mettent en place. Sous confinement, quel témoin pourra constater des perquisitions ou des interpellations frappant les ennemis de ce pouvoir ?

Sans tomber dans la paranoïa, soyons quand même lucides sur ce qui est en train de se jouer.


1 Du nom de l’ouvrage de Naomi Klein sur les stratégies des pouvoirs politiques pour tirer profit de n’importe quelle crise (que celle-ci soit provoquée, favorisée ou non par ledit pouvoir)

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